La Sémantique Générale ou logique non-aristotélicienne
d'Alfred Korzybski
| Novembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | ||||||||||
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | ||||
| 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | ||||
| 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | ||||
| 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | ||||
| 30 | ||||||||||
|
||||||||||
Sur un magazine de télévision, je lis la présentation d'un film de James Bond : "L'acteur fait toujours preuve de flegme dans les situations les plus dangereuses."
En l'occurrence, l'acteur qui joue le personnage de James Bond, N'EST PAS James Bond et les situations dans lesquelles il se trouve n'ont absolument rien de dangereux : il est sur un plateau de tournage, entouré de techniciens, de cameramen, d'un metteur en scène, etc. Bref, à aucun moment du film, il ne court un quelconque danger. On se demande donc bien pourquoi il perdrait son flegme. Au contraire, puisque le personnage qu'il joue est censé ne jamais le perdre, on pourrait se dire qu'il est un mauvais acteur s'il donne cette impression.
Cette anecdote est à mettre en lien avec la façon, venue des Etats-Unis, dont sont présentés les films de fiction. Vous avez peut-être remarqué que dans les bandes-annonces ou les affiches de films américains, et maintenant de plus en plus pour les films français, on n'écrit plus et on ne dit plus : " Tel acteur JOUE tel personnage." mais "Tel acteur EST tel personnage."
On assiste là à ce qu'en Sémantique Générale, on appelle une " confusion des niveaux d'abstraction ", ce qui, en termes plus simples, signifie qu'on fait la confusion entre deux niveaux de la réalité qui n'ont rien à voir entre eux. Objectivement, l'acteur N'EST PAS le personnage qu'il joue, et ce qu'il vit à l'écran N'EST PAS ce qu'il vit réellement. Et pourtant c'est ce qu'on nous écrit et c'est ce qu'on nous dit.
Pourquoi les médias audio-visuels ont-ils de plus en plus recours à ce qu'ils appellent des "docu-fictions" et des émissions de "télé-réalité" ?
Dans le premier cas, on fait jouer à des acteurs des situations qui ont été réellement vécues, mais en les réécrivant, en fabriquant un scénario qui fait que ce qu'on nous donne à voir N'EST PAS la réalité mais seulement une interprétation, souvent romancée, des faits. Dans le second cas, on met des gens qui ne sont pas des acteurs dans des situations artificielles, QUI N'EXISTENT PAS DANS LA REALITE (être enfermé dans un loft pendant 6 semaines, etc) pour leur faire JOUER une réalité "fictive" fabriquée de toutes pièces.
Pour des téléspectateurs qui ont une expérience ancienne du réel et qui ont connu la télévision à un âge où ces procédés n'étaient pas employés, cela peut paraître anecdotique, amusant, ridicule ou stupide. Mais pour les jeunes générations de téléspectateurs, élevés avec cette vision où on entretient la confusion entre réalité et fiction, on est en train de faire un glissement progressif du réel vers le virtuel et inversement. On crée et on installe dans les esprits la confusion entre la réalité et la fiction.
Qui veut installer cette confusion et dans quel but ?