6 - Le b-a = ba de la Sémantique Générale

Publié le par Non-A

 

 Si vous venez pour la première fois sur ce blog, nous vous conseillons de commencer par la lecture du premier article à avoir été publié "Présentation de la Sémantique Générale", à l'adresse http://semantique-generale.over-blog.com/article-3980484.html , puis de lire les suivants dans l'ordre inverse dans lequel ils apparaissent dans la liste des articles.

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Le texte suivant est un condensé d’un article écrit par Isabelle Baudron en 1984 (texte intégral à l’adresse http://www.geocities.com/interzonelibrary/obj2.html?20067 ) tiré du livre "Le Carrefour des Impasses"
http://www.geocities.com/interzonelibrary/0Sommaire.html . Cette présentation de la SG est tirée du journal du groupe B23 "Objectifs", réalisé avec des hospitalisés en psychiatrie dans un hôpital public.. Il a le mérite d’exposer en termes simples les bases et les principes élémentaires de la Sémantique Générale : 

Quelques éclaircissements sur la SÉMANTIQUE GÉNÉRALE

Isabelle Baudron - Août 1984

 

 

 

 

 

La sémantique générale traite de choses auxquelles nous sommes confrontés dans la vie de tous les jours. Elle permet de mettre de l'ordre dans ses pensées, d'échapper aux pièges que nous tend notre langage et de ne plus s'empoisonner l'existence avec des questions qui n'ont pas de sens.

Aujourd'hui on entend beaucoup de gens déplorer que notre civilisation soit très développée dans les domaines scientifiques et techniques alors que, dans d'autres domaines, elle est restée à des niveaux qui semblent beaucoup plus primitifs. Ainsi, dans le domaine technique, il est possible de faire des plans dont on peut prévoir le résultat, et si ces plans sont corrects et leur réalisation bien menée, les résultats sont conformes à ce qu'on en attend: les machines fonctionnent, les maisons tiennent debout, les ponts ne s'effondrent pas.

Par contre, en matière économique, politique et sociale, ce qu'on appelle les "affaires humaines", les prévisions sont la plupart du temps incertaines et il y a de grandes différences entre les résultats qu'on attendait et ce qui arrive effectivement.

Dans le domaine technique, le langage utilise correspond à ce qui se passe dans la réalité. Quand vous dites 1 + 1 = 2, tout le monde comprend ce que ça veut dire et chacun comprend la même chose.

Par contre, beaucoup de mots que nous utilisons dans la vie de tous les jours n'auront pas le même sens pour plusieurs personnes. C'est pourquoi, dans la conversation, les gens ne se comprennent pas toujours, d'où les problèmes de communication, souvent incertaine ou déformée, et les répercussions sur le comportement des gens.

Le but de la sémantique générale est de réduire le plus possible ces problèmes de communication et ainsi de faciliter les relations entre les gens en utilisant des mots qui correspondent à ce qui se passe dans la réalité.

 

'L'ORGANISME COMME UN TOUT"

La sémantique générale considère l'homme comme un tout corps-esprit inclus dans son milieu qui le pénètre et auquel il réagit.

Autrefois on ne voyait pas les humains comme aujourd'hui. On pensait qu'il y avait l'esprit d'un côté et la matière de l'autre et que les maladies du corps et celles de l'esprit n'avaient rien à voir les unes avec les autres. Quand on observait quelqu'un, on considérait la personne sans tenir compte du milieu dans lequel elle vivait.

Depuis, de nombreuses découvertes ont été faites sur notre organisme, sur nous-mêmes. On commence à comprendre le fonctionnement du cerveau, même si beaucoup de choses dans ce domaine restent encore inconnues. On a découvert que certaines maladies du corps avaient une origine psychique et que l'environnement dans lequel nous vivons peut, s’il est malsain pour nous, provoquer certains troubles que nous n'aurions pas eus dans un environnement sain.

Exemple: si vous prenez une truite, vivante, en bonne santé, qui est faite pour vivre dans de l'eau de rivière et si vous la plongez dans un bocal d'eau de mer, vous allez constater au bout de quelques temps qu'elle va flotter a la surface, le ventre en l'air; elle crèvera rapidement parce qu'elle n'est pas faite pour vivre dans l'eau de mer. Ainsi, la truite sera morte parce que le milieu dans lequel on l'a plongée, l'eau de mer, n'était pas adapté à son organisme et a provoque dans son corps de truite des modifications incompatibles avec sa vie de truite.

Si vous ne tenez pas compte du fait que la truite est faite pour vivre dans l'eau douce, et si vous dites: "Cette imbécile de truite a crevé dans mon bocal d'eau de mer parce qu’elle devait être malade", vous faites une erreur grossière : vous ne tenez pas compte de l'importance de son milieu et vous attribuez à la truite une maladie qu'elle n'avait pas, vous avez provoqué sa mort en la plongeant dans un milieu malsain pour elle alors que si vous l'aviez mise dans un bocal d'eau douce, elle aurait continué à vivre.

Notre cerveau est conçu pour apprendre, c'est à dire pour accumuler des informations. Notre cerveau comporte une partie qui s'appelle le cortex. Chaque millimètre carré de notre cortex comporte 40 000 cellules et chacune de ces cellules peut recevoir 20 000 informations à la seconde. Dans un cerveau humain, l'information est dix mille fois plus concentrée que dans un ordinateur.

A quoi nous servent les informations que nous emmagasinons? Elles nous permettent d'AGIR, d'agir sur notre environnement, sur ce qui nous entoure; cela peut être parler avec quelqu'un, jouer au foot, etc., et, comme le dit Henri Laborit, " ce n'est qu'en agissant sur notre environnement que nous pouvons satisfaire notre besoin de bien-être, de plaisir." C'est pourquoi, quand dans une journée nous avons fait des choses qui nous intéressent, quand nous avons rencontré des gens qui nous plaisent, nous nous sentons bien, nous sommes contents de nous. Quand nous sommes avec des gens qui ont une bonne opinion de nous, qui nous encouragent et nous font confiance, nous arrivons à faire des choses positives avec eux, ils nous apportent quelque chose et nous leur apportons quelque chose. Nous nous sentons détendus, confiants.

Par contre si nous sommes avec des gens qui nous sont hostiles, qui nous critiquent sans arrêt et nous renvoient une mauvaise opinion de nous-mêmes, ou des gens dont nous avons peur, nous doutons de nous-mêmes, nous nous sentons bloqués. Il est alors beaucoup plus difficile d'agir et nous nous sentons mal.

Si nous pouvions quitter ces gens ou les obliger à changer d'attitude à notre égard, nous nous sentirions bien à nouveau. Mais si nous ne le pouvons pas, nous nous sentirons bloqués, prisonniers, nous sommes inquiets et tendus.

 Quand nous sommes tendus sans arrêt, nos muscles sont contractés, nous respirons moins bien et notre système nerveux produit des substances qui diminuent notre sommeil et notre résistance aux infections.

Quand nous nous sentons mal, il existe toujours des raisons à cela. Cela ne veut pas forcément dire que notre cerveau est malade mais plutôt que nous n'arrivons pas à changer les situations dans lesquelles nous nous sentons mal.

Pourtant il est très possible de s'en sortir, à condition de le vouloir d'abord et ensuite de trouver les moyens de changer les situations dans lesquelles nous sommes bloquées, en agissant correctement dans ces situations, en adaptant notre attitude de façon à affronter les difficultés et à les résoudre.

 

I - Cortex - Thalamus :

Il a fallu très longtemps, des milliers d'années, pour que notre cerveau atteigne son développement actuel. Certaines parties de ce cerveau sont plus anciennes que d'autres; la partie appelée thalamus est plus ancienne que le cortex. Le thalamus est, entre autres, le siège des émotions. Le cortex est le siège du langage, l'outil de la réflexion. Grâce au thalamus, nous éprouvons des émotions, des sentiments. Grâce au cortex nous pouvons les décrire et réfléchir à ce qui se passe en nous et autour de nous en utilisant le langage parlé et l'écriture.

Les animaux possèdent un thalamus mais pas de cortex. Ils peuvent sentir, souffrir mais ne peuvent réfléchir ni décrire ce qui se passe en eux ni autour d'eux. Les rats, par exemple, peuvent repérer de la nourriture dans une maison mais ils ne peuvent pas faire un plan de la maison ni établir une stratégie pour dévaliser les humains et échapper aux pièges à rat et au grain empoisonné.

 

Si je vous fais observer des schémas du cerveau, ils vous donneront certaines indications sur sa constitution mais, comme toutes les cartes, ils seront incomplets. Ne confondez pas la carte et ce qu'elle représente. En Sémantique générale, on dit qu’ "une carte n'est pas le territoire" et qu'elle ne représente pas tout le territoire". De même si l'on compare le langage à une carte verbale, il faut savoir qu'il ne peut rendre compte totalement des faits que nous voulons décrire, encore moins avec une totale fidélité, car le sens des mots varie d'une personne à une autre et d'une situation a une autre.

C'est pourquoi il est fortement conseillé d'être prudent et vigilant à l'égard du langage, de réfléchir avant de parler si nous voulons être compris et de faire attention aux mots que nous entendons avant de les croire : ce n'est pas parce que quelqu'un nous dit quelque chose que cette chose veut dire la même chose pour lui que pour nous.

 

II - Le langage: un lien entre les humains :

Le développement du cerveau a permis d'élaborer un outil de communication unique à notre espèce : le langage écrit. Grâce a lui, des personnes vivant à des époques et dans des lieux différents peuvent communiquer: il nous permet de savoir comment vivaient des Grecs ou des Chinois morts depuis plusieurs siècles.

Mais si le langage est un outil important, il est aussi très important de savoir l'utiliser correctement.

 

III - ATTENTION AUX REACTIONS SEMANTIQUES :

Nous savons aujourd'hui que les circonstances dans lesquelles nous avons appris à parler restent attachées dans notre mémoire aux mots qui ont été utilisés dans ces circonstances : les émotions que nous avons éprouvées quand nous avons appris les mots reviennent quand nous utilisons ces mots plus tard, comme pour la musique : certaines chansons nous sont agréables ou désagréables selon qu'elles nous rappellent de bons ou de mauvais souvenirs ; quand nous les entendons, nous éprouvons les mêmes émotions qu'au moment où nous les avons apprises.

Avec les mots, c'est le même phénomène. Quand nous avons appris certains mots, si notre entourage nous a dit qu'il ne fallait pas "parler de ça", nous nous sentirons mal à l'aise plus tard quand nous les entendrons ou les utiliserons. C'est ce qu'on appelle la "puissance d'évocation des mots" : l'emploi de certains mots provoque en nous des sentiments de peur, de honte ou d'angoisse liés au contexte dans lequel nous les avons appris. Même si ce contexte n'existe plus, que nous ne sommes plus dans la même situation et que les émotions que nous avons ressenties alors n'ont plus lieu d'être.

En sémantique générale, on appelle ces émotions liées à l'emploi des mots des "réactions sémantiques". Ces émotions se répercutent dans notre corps, entraînant des modifications au niveau des cellules et pouvant entraîner des maladies psychosomatiques.

Si nous nous laissons dominer par ces émotions, nous réagissons de façon mal adaptée, nous nous laissons manipuler par les mots en leur accordant une importance qu'ils n'ont pas. Nous utilisons notre cerveau de façon incomplète en faisant marcher notre thalamus et non notre cortex. Nous nous comportons davantage comme des animaux que comme des humains.

 

IV - POUR COMBATTRE LES SENTIMENTS PARASITES : LA PAUSE CORTICO-THALAMIQUE :

Comment pouvons-nous alors faire fonctionner notre cortex?

- D'abord, il faut être au courant de son existence et savoir à quoi il sert, ce que vous savez maintenant si vous avez lu attentivement ce qui précède.

- Ensuite il faut décider de ne plus se laisser manipuler par les mots que l'on entend ; ces mots sont là pour que nous les utilisions, nous ne sommes pas là pour être utilisés par eux, sinon ils deviennent des parasites.

- Puis, quand nous sentons qu'un mot provoque en nous une émotion désagréable, faisons l'exercice suivant :

Respirons profondément et rejetons l'air de nos poumons en pensant fortement à l'air qui entre et qui ressort. Faisons cela plusieurs fois. Résultat: nos muscles se détendent, notre cœur bat moins vite, nous reprenons possession de nos moyens et nous nous contrôlons mieux. Quand nous revenons ensuite au mot, le sentiment désagréable diminue et nous réalisons qu'il n'y a pas de quoi s'énerver pour si peu. Nous nous sentons plus forts, plus maîtres de nous et pouvons faire ce que nous avons à faire.

En sémantique générale, on appelle cet exercice une "pause cortico-thalamique "parce qu'il nous permet de nous arrêter un instant pour contrôler nos émotions, il accroît le rôle du cortex sur nos comportements, ce qui permet de réfléchir avant d'agir.

Essayez, et vous constaterez que ça marche; c'est une question d'entraînement et de volonté; plus vous ferez cet exercice et plus vous serez maître de vous-mêmes. Vous pouvez l'utiliser dans toutes les situations stressantes. Quand vous sentez la peur, l'angoisse, la honte ou la colère vous envahir, pensez à la pause cortico-thalamique, respirez amplement pendant quelques secondes et reprenez le contrôle de la situation.

 

V - CONCLUSION: A LA CONQUETE DE NOTRE ESPACE INTERIEUR :

Une bonne partie de nos ennuis sur cette planète vient de ce que nous n'avons pas encore appris à utiliser correctement notre cerveau : nous avons à notre disposition un outil merveilleux mais le mode d'emploi n'est pas livré avec.

Quelqu'un a dit que l'étape de l'évolution entre le singe et l'homme, c'était nous. Notre évolution n'est pas terminée et si notre civilisation et d'autres ont déjà trouvé un certain nombre d'informations sur l'utilisation de notre cerveau, il reste encore beaucoup à découvrir. A nous, si nous le voulons, de devenir les explorateurs de notre espace intérieur.

 

Bibliographie:

"Introduction a. la Sémantique générale" H. Bulla de Villaret

"Science and Sanity" Alfred Korzybski

"Le Monde du non-A", "Les Joueurs du non-A" "La fin du non-A" Van Vogt

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James 13/03/2011 04:10



Il est certain que des inexactitudes scientifiques peuvent nuire à l'ensemble du discours. Néanmoins et à la décharge de cette auteure, l'article a été écrit en 1984, époque où les connaissances
sur le siège de telle ou telle autre activité du cerveau étaient approximatives.


Ainsi aussi de la connaissance des cerveaux des animaux et de leurs capacités.


Pour ma part, ces erreurs bénignes n'enlèvent rien à la qualité du propos.



berlherm 07/02/2007 10:19


Le thalamus n’est pas le siège des émotions.
Le cortex n’est pas le siège du langage.
Rien ne commande dans le cerveau. Il vaudrait mieux dire que la bouche est le siège du langage, ce serait plus juste. Il vaudrait mieux dire que le corps est le siège des émotions parce qu’elles se manifestent dans tout le corps.
Les américains ont semble-t-il montré que le rat était capable de faire le plan d’un labyrinthe dans son cerveau, et de le connaître par cœur.