1 - Présentation de la Sémantique Générale

Publié le par Non-A

Ce blog est destiné à tous ceux qui veulent découvrir ou qui s’intéressent déjà à la Sémantique Générale (ou logique non aristotélicienne ). Cette première page vous explique le plus simplement possible de quoi il s’agit et en quoi cette façon de penser pourrait changer le monde en général et vous-même en particulier.

PRESENTATION DE LA SEMANTIQUE GENERALE :

Popularisée par la série de romans de science-fiction " Le cycle du Non-A " de A.E Van Vogt, la Sémantique Générale ou " logique non-aristotélicienne " permet de revenir sur les postulats qui régissent la pensée humaine depuis qu’Aristote les a énoncés au IV° siècle avant Jésus-Christ,.

 

Selon Aristote 

  • - ce qui est est (ce qui est vrai, est vrai, ce qui est faux est faux). C’est le principe d’identité.   
  • - rien ne peut à la fois être et ne pas être (ce qui est vrai ne peut pas être faux et inversement). C’est le principe de contradiction.
  • - tout doit être ou ne pas être (une proposition doit être vraie ou fausse).C’est le principe du tiers exclu.

Pour Alfred Korzybski, créateur de la Sémantique Générale, inspiré par les travaux d’Einstein et la physique quantique, trois considérations permettent de réviser ce système de pensée :

1 – "  la carte n’est pas le territoire " : une carte " n’est " pas le territoire qu’elle représente, elle ne fait que le représenter. Le mot qui désigne une chose n’est pas cette chose. Je ne peux pas manger le mot " pomme "

2 – " une carte ne représente pas tout le territoire " : un mot ne résume pas tout ce qu’est une chose. Le mot " pomme " ne m’indique pas la forme de la pomme, sa couleur, si elle a un pédoncule, etc.

3 – " une carte est auto–réflexive " : elle donne aussi des renseignements sur elle-même. Le langage qu’on utilise parle aussi de lui-même. Il nous donne, par exemple, des indications sur celui qui l’utilise.

Dans le système aristotélicien, la pensée est dualiste, tout est vrai ou faux, bon ou mauvais, rien de ce qui est faux ne peut être vrai, ce qui est bon ne peut être mauvais, etc. C’est cette logique qui, depuis l’Antiquité, a structuré la pensée, le langage, les comportements humains donc l’évolution de la civilisation, la vision que l’Homme a de lui-même et du monde.

Les découvertes scientifiques du XX° siècle ont montré que la vision aristotélicienne ne correspond pas à la réalité telle qu’elle se manifeste au travers de la relativité et de la mécanique quantique : on a démontré expérimentalement, donc scientifiquement, que l’espace ne peut être dissocié du temps, qu’un élément peut être dans deux états différents en même temps, dans deux endroits à la fois en même temps, et que la présence d’un observateur peut modifier la réalité observée.

Une nouvelle façon de penser est donc nécessaire pour adapter l’homme à son environnement. C’est ce que propose la Sémantique Générale.

Pourquoi vouloir changer notre façon de penser ?

  • - Parce que penser en termes de " bon " ou " mauvais ", de " bien " ou " mal ", de " vrai ou faux " ne peut qu’amener des divergences d’opinions basées sur des préjugés donc des conflits. Ce sont toujours les autres qui ont tort.  
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  • - Parce que confondre les mots et les faits (ou les choses) qu’ils décrivent ne peut qu’amener la confusion entre ce qu’est une chose indépendamment de nous et ce que nous pensons qu’elle est, entre ce qui se passe et ce que nous pensons qu’il se passe.
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  • - Parce que créer des concepts abstraits comme le bien, le mal, le parti, la nation, l’Etat, etc et leur donner une existence en dehors de l’Homme et au-dessus de lui amène à prendre des décisions qui, au lieu de tenir compte de la réalité, ne font référence qu’à des théories, des idéologies, des doctrines, des croyances sans tenir compte des gens et des évènements.
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  • - Parce que croire que le monde est figé par les étiquettes qu’on donne aux choses nous rassure peut-être mais ne reflète pas la réalité, qui est en perpétuel mouvement et en perpétuelle évolution
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  • - Parce que croire que tous les choix se limitent à deux solutions : une bonne et une mauvaise ne correspond pas, de toute évidence, à ce que nous pouvons faire dans tous les domaines de notre existence et que cette limitation bride notre créativité et notre liberté d'action.
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  • - Parce que discuter de ce qui est bien ou mal, vrai ou faux en ne proposant que des choix binaires n’oppose la plupart du temps que des convictions au lieu d’opposer des faits, en partant du principe que c’est l’autre qui a tort.

Ce ne sont là que quelques aspects de cette nécessité de changement, car la pensée aristotélicienne conditionne aussi notre vision de l’Homme, de la Famille et de la Société. Nous en parlerons plus loin.

Pour sortir de ce carcan mental, la Sémantique Générale propose une vision différente de l’Homme et du monde.

  • - L’Homme est un tout et il est inséparable de son environnement : le corps ne peut être séparé de l’esprit et ensemble ils interagissent avec le milieu.
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  • - L’Homme est en constante évolution, chaque génération transmettant ses acquis à la suivante.
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  • - Il utilise des symboles pour communiquer : mots, langage écrit, etc.
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  • - Il a la possibilité de dépasser le temps pour tisser des liens avec le passé, relier sa pensée à celle d’autres hommes qui ont vécu bien avant lui.
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  • - Il a conscience de sa propre mort, donc de la finitude et du temps qui passe.
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  • - Il peut faire des choix en anticipant les conséquences de ses actes. Il est responsable.
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  • - Il a la possibilité de court-circuiter ses réactions émotionnelles par le raisonnement avant de réagir.

Pour son créateur, la Sémantique Générale est ainsi qualifiée parce qu’elle trouve des applications dans tous les domaines de l’activité humaine. Elle permet de faire émerger des solutions nouvelles à tous les problèmes parce qu’elle propose une vision globale et harmonieuse de l’Homme et du Monde, correspondant à son niveau d’évolution scientifique. C’est en cela qu’elle offre une alternative historique à la logique aristotélicienne et à ses implications.

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fonzy 18/11/2008 21:08

Donc à part jouer sur les mots, qu’est-ce que la responsabilité sans libre arbitre? (Je suis le premier à souhaiter que le libre arbitre existe, mais j‘ai méticuleusement cherché en être rationnel et je n‘ai pas trouvé. Ne me donner que des arguments…)La responsabilité ne demande pas de libre arbitre (objectivité totale) si l'on la conçoit d'après une éthique personelle et donc subjective. Ceci dans le sens que chacun (peut) décide(r) des conséquences de ses actions ou non-actions et porte ainsi une responsabilité personelle !?

Smiley 25/04/2007 21:27

Le méta langage (outil de base de la sémantique générale) n'est-il pas précisément cela même qui disparaît progressivement de notre société ? La langue collant de plus en plus à elle même : publicité, discours politique, marketing, technique...La culture du méta n'est-elle pas une chose du passé ?

Joël Lecoeur pseudo berlherm 06/02/2007 15:56


1 - Présentation de la Sémantique Générale

1 – " la carte n’est pas le territoire " : une carte " n’est " pas le territoire qu’elle représente, elle ne fait que le représenter. Le mot qui désigne une chose n’est pas cette chose. Je ne peux pas manger le mot " pomme "

 Si le mot pomme est écrit en chocolat, certes, je peux le manger, sauf si vous parlez de sa signification mentale.

 La carte ne fait pas que représenter le territoire, du point de vue du système nerveux elle est liée au territoire comme l’étiquette à la bouteille, comme l‘image à la télévision. On doit tenir compte de la liaison nerveuse afin de pouvoir expliquer pourquoi on peut faire la confusion. L’explication de l’erreur est importante pour la prévenir, elle est même primordiale. Deux objets dont on ne peut percevoir aucune différence seront perçus par le système nerveux comme étant identiques car décodés en mémoire par les mêmes réseaux neuronaux. Au niveau quantique de la réalité extérieure supposée un même objet perçu pendant une seconde n’est plus le même objet au début et à la fin de la seconde écoulée, mais il l’est dans notre système nerveux.
2 – " une carte ne représente pas tout le territoire " : un mot ne résume pas tout ce qu’est une chose. Le mot " pomme " ne m’indique pas la forme de la pomme, sa couleur, si elle a un pédoncule, etc.


 Tout objet a une signification qui est la somme des connaissances de celui qui le perçoit. Celui qui emploi un mot doit savoir que la signification dépend de l’expérience de la personne qui émet et de la personne qui reçoit, et qu‘à aucun moment une signification n‘est identique à elle-même puisque chaque moment enrichit la pensée et transforme les significations rétroactivement.
3 – " une carte est auto–réflexive " : elle donne aussi des renseignements sur elle-même. Le langage qu’on utilise parle aussi de lui-même. Il nous donne, par exemple, des indications sur celui qui l’utilise.


 Le langage se produit dans un contexte, le contexte fait partie du milieu perçu et donc oriente les départs de signification des mots, puisque ce milieu est la partie importante du champ mental des protagonistes dans lequel flottent les mots prononcés.
Les découvertes scientifiques du XX° siècle ont montré que la vision aristotélicienne ne correspond pas à la réalité telle qu’elle se manifeste au travers de la relativité et de la mécanique quantique : on a démontré expérimentalement, donc scientifiquement, que l’espace ne peut être dissocié du temps, qu’un élément peut être dans deux états différents en même temps, dans deux endroits à la fois en même temps, et que la présence d’un observateur peut modifier la réalité observée.


 Les mathématiques sont un langage, et comme tout langage est subjectif. Tout langage est un produit de la pensée, il a les défauts et les qualités des processus mentaux. Un mot n’a une signification que dans la tête de l’humain qui le détient au moment précis de son émission ou de sa réception, perçue ou évoquée, c‘est à dire uniquement au moment de l‘activation du mot, le présent du mot.
Une nouvelle façon de penser est donc nécessaire pour adapter l’homme à son environnement. C’est ce que propose la Sémantique Générale.


 On ne peut pas changer notre façon de penser, les mécanismes mentaux sont non modifiables, on ne peut qu’essayer de changer les données que traitent notre façon de penser. On ne peut pas changer le fait que des neurones s’associent à d’autres neurones et vont former des chaînes plus ou moins stables. On peut changer les informations avant qu’elles ne rentrent dans le système mémoriel, mais on ne saura jamais précisément ce qui va être interconnecté et ce que cela va produire.
Parce que créer des concepts abstraits comme le bien, le mal, le parti, la nation, l’État, etc.. et leur donner une existence en dehors de l’Homme et au-dessus de lui amène à prendre des décisions qui, au lieu de tenir compte de la réalité, ne font référence qu’à des théories, des idéologies, des doctrines, des croyances sans tenir compte des gens et des évènements.


 Un croyant pense qu’il est investi par Dieu. Qu’il est une sorte de marionnette avec des degrés de liberté. La plupart croit au libre arbitre comme en leur dieu. Le bien et le mal existent puisque Dieu leur a dit qu‘ils existent. Il n’y a pas de logique ni de rationnel chez un croyant quand il se sent pris au piège des justes arguments. Que répondre à ça?
Il a conscience de sa propre mort, donc de la finitude et du temps qui passe.


 La plupart des humains sont croyants, et préfèrent vu leur misère sur Terre espérer en un paradis, donc ne voit leur passage sur la planète que comme un épisode de l‘éternité. Au mieux ils plaignent les pensants, au pire ils les vomissent. Le milieu des pensants est essentiellement un milieu de croyants.
Il peut faire des choix en anticipant les conséquences de ses actes. Il est responsable.


 Je n’ai pas encore compris comment un pensant surtout sémanticien pouvait supposer la responsabilité sans avoir démontré le libre arbitre. Démonstration bien entendu impossible puisque le contraire a été réalisé. Donc à part jouer sur les mots, qu’est-ce que la responsabilité sans libre arbitre? (Je suis le premier à souhaiter que le libre arbitre existe, mais j‘ai méticuleusement cherché en être rationnel et je n‘ai pas trouvé. Ne me donner que des arguments…)
Il a la possibilité de court-circuiter ses réactions émotionnelles par le raisonnement avant de réagir.


 L’émotion est comme un mot elle s’apprend et on peut éviter son émission, pourvu qu’on ait appris à le faire. Le problème est la complexité de l’émotion qui active beaucoup plus de muscles qu’un simple mot.

Nath 24/10/2006 14:57

:-) :-) :-)
En voilà une bonne idée de blog !

austrasien 29/09/2006 19:15

Comme cela est indiqué sur le site de la SFSG http://semantiquegenerale.free.fr/presentation.htm , elle est applicable dans toutes les sciences humaines. Au cours du XX° siècle, elle a été utilisée dans les domaines suivants :
 

philosophie: Gaston Bachelard : "la Philosophie du Non"

biologie : Henri Laborit (Henri Laborit était membre de l'Intitute of General Semantics
physique : Basarab Nicolescu
psychiatrie : Alfred Korzybski.
On trouve aussi sur Internet des exposés sur ses applications en  Comptabilité fondamentale (Jean-Guy  DEGOS, professeur d'Université à Bordeaux IV), en Pychothérapie ( R. Bontrager), dans la représentation des systèmes complexes (Jean-Marc FOUET, Laboratoire d'ingénierie des systèmes d'information de l'Université Claude Bernard et l'INSA de Lyon), en Economie et en Stratégie (voir site Interzone), et peut-être dans d'autres domaines.