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Dimanche 15 octobre 2006

PORTRAIT DU NON-SEMANTICIEN (donc CE QU’UN PRATICIEN DE LA SEMANTIQUE GENERALE ESSAIE DE NE PAS FAIRE)

Extrait de " Introduction à la Sémantique Générale " de H. BULLA DE VILLARET

 

 

" En regard de ce qui vient d'être dit, traçons maintenant le portrait - que nous allons rendre un peu caricatural - du non-Sémanticien.

 

Fréquemment, un non-Sémanticien ne tient pas tellement à guider son existence d'après les faits: il préfère se laisser conduire par ce que nous pouvons peut-être appeler sa " mythologie ", mythologie qui comprend l'image idéale qu'il se fait de lui-même, de son entourage, de son action ou de son rôle, mythologie dans laquelle on peut ranger des idées, des notions, etc., qui sont les produits de processus d'abstraction incorrects, dus soit à lui-même, soit à la société au sein de laquelle il vit.

 

Quand il ne peut ignorer un fait, il tentera d'orienter l'interprétation de celui-ci de façon à éviter, ou du moins à réduire le conflit qui peut surgir entre sa conscience et ce fait s'il le juge, défavorable à sa sécurité psychologique, à sa vanité, à ses intérêts, à ses idées préconçues comme à ses préférences affectives. Le fait est-il au contraire jugé favorable à ces mêmes éléments : l'interprétation sera tendancieuse en sens inverse, le fait sera gonflé, embelli, etc.

 

II subit sans le plus souvent s'en rendre compte l'influence des facteurs qui, dans notre culture, permettent et vont même jusqu'à encourager la paresse intellectuelle : idées toutes faites, affirmations remplaçant des démonstrations, appel à la suggestibilité des individus et non à leur raison, recours aux " autorités " les plus diverses, etc. De nombreux intérêts se liguent en effet pour empêcher la création de conditions favorables à l'éclosion d'une pensée lucide et indépendante chez le plus grand nombre possible d'individus. On a su donner les apparences d'une voie confortable et sûre à l'ornière du conformisme et de la docilité. Si bien que certains en viennent a éprouver un sentiment d'angoisse et de culpabilité s'ils ne la suivent pas. Peut-être notre non-Sémanticien est-il de ceux-là.

 

L'examen et la réflexion personnels ne le tenteront donc guère. Il préférera appliquer des schémas pré-établis sur les myriades de formes que prend le vécu. Sa conduite comme ses opinions se baseront non sur ce qui se passe, mais sur ce qui se dit.

 

A ce qui se dit, d'ailleurs, il lui arrive fréquemment de ne prêter qu'une attention distraite: au lieu d'écouter son interlocuteur, il prépare sa réponse et cherche les moyens de le contredire, car pour lui, bien souvent, c'est faire preuve d'intelligence que de contredire. Il défigure les paroles qu'on lui adresse, se méprend sur leur sens, et va jusqu'à prêter aux autres des propos qu'ils n'ont pas tenus ou des intentions qu'ils n'ont point.

 

Est-il besoin de préciser que le non-Sémanticien réagit au mot comme à un signal ? Les mots le mènent par le bout du nez. Les mots peuvent le flatter, l'irriter, le réjouir, l'attrister tour à tour .

 

Il ignore l'art d'opposer aux mots comme aux faits la réaction différée. Il entend montrer qu'il comprend rapidement, qu'il réagit tout de suite et prend immédiatement ses décisions.

 

Son opinion est faite sur tout et sur tous. Faite en jugeant l'ensemble d'après la partie, en sélectionnant et sur-généralisant arbitrairement certaines caractéristiques. Il n'est pas rare que son imagination déforme ces dernières.

 

Sans qu'il s'en rende bien compte, ses préjugés, ses préférences affectives, ses motivations, déforment tous les niveaux auxquels il se place - jugements, déductions, options...- et contribuent à les lui faire mélanger.

 

La situation se complique ici du fait qu'il ne s'avoue et n'avoue pas volontiers à autrui les éléments d'ordre affectif qui le guident. Il tient à paraître " raisonnable ", " logique ", capable de " se guider d'après des principes rationnels ", mais en réalité il se borne la plupart du temps à " rationaliser ", c'est-à-dire à inventer pour couvrir ses motifs des arguments qui lui " sauvent la face ".

 

Son opinion est souvent faite une fois pour toutes. Il ne tient pas compte des changements, des évolutions. Il remet rarement les choses en question. II est fier de son jugement et n'admet pas volontiers qu'on puisse le critiquer, ou que d'autres puissent voir les choses d'une manière différente de la sienne. "

 

Il n'est pas tant soucieux de rechercher ce qui est " vrai " QU " probable " que de faire prévaloir ses vues et, le cas échéant d'imposer son autorité.

 

II aime à trancher et il utilise volontiers deux catégories opposées. Souvent d'ailleurs, à ses yeux, ont " raison " ceux qui pensent et agissent comme lui. Alors que, pour le Sémanticien, une autre opinion que la sienne est simplement une opinion différente, le non-Sémanticien voit en une telle opinion une opinion fausse.

 

Il ne bâtit pas une théorie en partant des faits, mais choisit une théorie ou une doctrine qui s'accorde avec ses préjugés et ses préférences affectives, juge les faits d'après elle et choisit arbitrairement les éléments significatifs qui lui paraissent susceptibles de l'étayer. "

Par Non-A - Publié dans : semantique-generale
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Samedi 14 octobre 2006

 

Si vous venez pour la première fois sur ce blog, nous vous conseillons de commencer par la lecture du premier article à avoir été publié "Présentation de la Sémantique Générale", à l'adresse http://semantique-generale.over-blog.com/article-3980484.html , puis de lire les suivants dans l'ordre inverse dans lequel ils apparaissent dans la liste des articles.

La Sémantique Générale use d’un vocabulaire spécifique dans lequel certains mots n’ont pas le même sens que dans le langage courant, ce qui peut provoquer des erreurs de compréhension. L’un de ses objectifs étant d’optimiser l’utilisation du langage de ceux qui la pratiquent, on risque ainsi d’obtenir l’inverse du but recherché.

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L’UTILISATION DES REPRESENTATIONS VISUELLES (GRAPHIQUES, CARTES, DIAGRAMMES) SELON KORZYBSKI

Dans la douzième conférence du séminaire d’Olivet College en 1937, Korzybski parle de l’importance de la vision dans le traitement de l’information. Pour lui, l’œil est le prolongement du cerveau et, en tant que tel, ne peut en être séparé . Il est une excroissance du cerveau et, d’un point de vue sémantique, il ne peut en être considéré comme un organe distinct, ce qui n’est évidemment pas le cas d’un point de vue anatomique.

L’intérêt de cette approche est l’usage qu’on peut en faire pour un traitement plus efficace - parce que plus direct - de l’information, sans passer par un discours qui oblige le cerveau à décoder la syntaxe pour avoir accès au sens.

On peut penser que c’est le même raisonnement qui a donné lieu, beaucoup plus récemment (au début des années 70), à la conception de ce qu’on appelle en anglais " mind mapping ", soit en français " schémas heuristiques ", " cartes conceptuelles ", " cartes sémantiques " ou " sémacartes ", qui sont des méthodes d'organisation des idées, sous forme de dessin ou d'arborescence permettant de réaliser une représentation graphique de ce que l'on a appris ou retenu sur un sujet.

 

EXTRAIT DE LA DOUZIEME CONFERENCE DU SEMINAIRE D’OLIVET COLLEGE (1937) :

Traduction d'Isabelle BAUDRON (texte intégral de la traduction des notes du séminaire sur la page
http://semantiquegenerale.free.fr/Articles/Olivet-foreword.html
Version imprimée : http://www.inter-zone.org/catalbooks.html )

" Grâce à l'embryologie (souvenez-vous que tout ce que je dis maintenant est élémentaliste) nous savons que l'œil n'est pas un organe des "sens". En embryologie nous commençons par une petite masse de chair qui se trouve dans notre système nerveux; ensuite nous la voyons s'allonger. De masse de chair elle s'allonge pour former l'œil. L'œil n'est pas un soi-disant "organe" mais il se trouve être directement une partie du cerveau. II n'existe rien de tel que ce que nous appelons le "nerf optique". II y a seulement un appareil optique qui connecte directement la partie extérieure du cerveau, qui est l'œil, avec le reste du cerveau. Ceci ne s'applique cependant pas à vos autres organes des "sens". C'est une des raisons pour lesquelles dans notre civilisation occidentale toutes nos sciences ont été en fin de compte élaborées sous la direction de l'œil. Tous nos instruments d'exploration sont conçus en direction de l'œil. Même si nous traitons de l'ouïe nous essayons d'amener les instruments sous le contrôle de l'œil. La partie extérieure du cerveau réel est notre œil. C'est pourquoi le meilleur apprentissage se fait à travers l'œil, et pour cette raison, la soi-disant "visualisation" est le principal facteur de l'adaptation; pourquoi les soi-disant formes les plus élevées de la "pensée" humaine sont-elles issues de la "pensée" visuelle ? Tout simplement parce qu'à travers la visualisation nous traitons directement avec le cerveau. Par exemple il se révèle que les animaux ont l'esprit beaucoup plus orienté en fonction de l'ouïe que de la vue. Et nous, qui possédons le niveau le plus élevé de l'intelligence, avons si souvent l'esprit visuel". Un garçon extensionnel aura l'esprit "porté sur la vue", Un garçon intensionnel aura l'esprit "porté sur l'ouïe". A travers l'extension nous effectuons toutes nos formulations en fonction de l'œil en termes d'ordre, en termes d'inclusion des parties dans un tout. C'est-à-dire que nous utilisons des méthodes topologiques. "

…/…

" Auparavant nous avons parlé de l'œil et du système nerveux, et nous avons dit que l'œil est une partie du cerveau. Vous pouvez réaliser maintenant qu'une relation de n'importe quelle type peut être visualisée si nous savons comment le faire. N'importe quelle sorte de relation peut être formulée en fonction de notre œil comme une représentation visuelle. Autrement dit, en reformulant les vieilles notions dans un langage structurel comme des faisceaux de relations, statiques ou dynamiques, nous obtenons des formulations qui peuvent être rendues visuelles. Nous avons des moyens d'influencer directement le cortex et le cerveau, parce que nous avons affaire à l'œil qui est lui-même une partie du cerveau. Autre avantage : il devient maintenant possible d'enseigner certaines choses qu'il était pratiquement impossible d'enseigner avec l'ancienne orientation. J'expliquerai cela en me basant sur ce diagramme appelé différentiel structurel. Il y a un bon diagramme qui le représente dans mon livre, "SCIENCE AND SANITY", et il doit être étudié. Ce différentiel structurel ici représente les différences structurelles et l'ordre naturel d'évaluation. Bon nombre de mes amis considèrent ce structurel différentiel comme une de mes lubies, mais certains de mes meilleurs étudiants comprennent qu'il est impossible de tirer un bénéfice complet de l'extentionnalisation sans jouer réellement avec des diagrammes et des cartes comme celles-ci. C'est un aspect fondamental de l'extentionnalisation, parce qu'il affecte le thalamus aussi bien que le cortex.

Tout passe par le thalamus, y compris l'œil. D'où l'importance de travailler avec des cartes et des diagrammes et des modèles. " (Fin de citation).

NB : certaines phrases du texte original ont été mises intentionnellement en italiques pour cet article.

Pour s’informer sur les " schémas heuristiques ", voir la page http://www.creativite.net/mindmap-schema-heuristique-topogramme-9/.

Pour approfondir la notion de " sémacarte ", voir le blog http://neocogit.blogspirit.com/ et la liste de discussion qui travaille sur ce thème : http://fr.groups.yahoo.com/group/semacarte/

Par Non-A - Publié dans : semantique-generale
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Jeudi 12 octobre 2006

Si vous venez pour la première fois sur ce blog, nous vous conseillons de commencer par la lecture du premier article à avoir été publié "Présentation de la Sémantique Générale", à l'adresse http://semantique-generale.over-blog.com/article-3980484.html , puis de lire les suivants dans l'ordre inverse dans lequel ils apparaissent dans la liste des articles.

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EXTRAITS DE LA SEPTIEME CONFERENCE D’ALFRED KOZYBSKI

AU SEMINAIRE DE SEMANTIQUE GENERALE

D’OLIVET COLLEGE EN 1937

 

Traduction d'Isabelle BAUDRON (texte intégral de la traduction des notes du séminaire sur la page
http://semantiquegenerale.free.fr/Articles/Olivet-foreword.html
Version imprimée : http://www.inter-zone.org/catalbooks.html )

" Nous vivons souvent en fonction des représentations des "faits" autant qu’en fonction des "faits". Avant de pouvoir agir nous devons avoir une certaine forme de représentation dans notre cerveau. Avant de pouvoir nous asseoir sur une chaise vous devez avoir une certaine forme de représentation de cette chaise dans votre cerveau et votre système nerveux. Vous agissez en fonction de ces représentations dans votre système nerveux. "

 

"  … une forme de représentation qui surgit dans notre tête n'est pas le fait extérieur. La chaise sur laquelle vous vous asseyez n'est pas l'image mentale de cette chaise. Elles ne sont "les mêmes" qu'à travers les mots que vous utilisez. Et ce ne sont que des abstractions approximatives et individuelles des faits. Si vous êtes "mentalement" malade peut-être verrez-vous cette chaise sur laquelle vous êtes assis comme un couteau. Votre forme de représentation différera entièrement des faits de par sa structure. Si vous étiez "mentalement" malade vous pourriez avoir peur de vous asseoir sur la chaise parce que pour vous ce serait un couteau. Mais en réalité elle n'aurait pas changé. C'est cela qui est important, c'est là où la science et la santé entrent en jeu.

Représenter les "faits" comme des "faits" et avoir une carte-langage qui corresponde aux "faits", revient au même. Voici tout le secret de l'"aliénation" et de la santé. Notre monde n'est pas encore régi par ces notions, c'est pourquoi nous avons un monde si malheureux.

Ceci nous conduit à la loi de non-identité. Il n'y a pas d'"identité" en ce monde, mais toutes les vieilles orientations sont basées sur l'"identité". L'aliénation est basée sur des identifications, des identifications dans un monde où il n'y a pas d'identité. Vous trouverez dans la vie de tous les jours de graves problèmes sans fin générés par des identifications, ou des évaluations inadaptées.

 

Avez-vous jamais considéré des termes comme "oui" et "non", "bon" et "mauvais", "vrai" et "faux", etc. ? "Oui" a un sens par intension, par définition. Mais supposons que vous disiez "Oui, je veux une cigarette." Cette cigarette est le réel contenu de vie extensionnel de ce "oui". Ceci est le contenu de vie d'un "oui" extensionnel. "Oui, je veux un verre d'eau." L'eau est alors le contenu extensionnel de ce "oui 2". Extensionnellement ils sont différents, intensionnellement ils sont "les mêmes". Le vieux "oui" était intensionnel, mais ce que j'ai reçu et expérimenté était extensionnel. Et extensionnellement il ne s'agit pas "des mêmes" oui. Nous pouvons les distinguer entre eux par les procédés extensionnels "oui 1" et "oui 2", etc. Cela s'appliquera très souvent à la vie. Beaucoup d'ennuis humains dépendent de "oui" et "non". Et il en va de même pour "vrai" et "faux" en ce qui concerne les faits, etc. De nombreuses questions, des questions humaines, dépendent de ces termes. Tous ces termes sont multiordinaux comme vous le verrez plus tard et ils ont un sens différent en fonction de niveaux d'abstraction différents. Autrement dit sans indice, je ne sais pas de quoi nous parlons. L'"aliénation" est principalement une inadaptation aux "faits" et à la "réalité" et là-encore, "faits" et "réalité" sont des termes multiordinaux.

 

Vous ne pouvez avancer quoi que ce soit au sujet d'un "fait" sans tenir compte de son contexte et il y a autant de "faits" qu'il y a de contextes. Le langage peut être élémentaliste ou non-élémentaliste. Ceci est un "fait" dans ce contexte-ci. Alors sans indice nous ne pouvons pas traiter des "faits" ni éviter de les confondre. Nous ne pouvons pas espérer garder une vision claire de tous ces "faits" sans utiliser tous les procédés extensionnels. "

 

" Si nous utilisions des indices, etc... (les procédés extensionnels), dans notre tête, nous ne nous embrouillerions pas. Tout ceci est valable pour vous, et pour n'importe qui d'autre.

Je vais maintenant vous montrer un scandale provoqué par le verbiage. L'histoire sur Achille et la Tortue, vous vous en souvenez ? La Tortue était un animal très lent et Achille était très rapide. Manifestement Achille peut dépasser la Tortue. Cependant, je vais vous montrer verbalement que, de façon verbeuse et intensionnelle, on devrait s'attendre à l'inverse. C'est un scandale issu du verbiage vieux de 2500 ans. Cela s'appelle le "Paradoxe de Zénon", et vous le connaissez peut-être. Achille est placé un peu en arrière de la Tortue parce qu'il est bien plus rapide qu'elle. Maintenant Achille devrait partager en deux la distance entre lui et la Tortue avant de pouvoir la dépasser. Ensuite il devrait partager en deux cette moitié puis partager cette moitié en deux et puis partager cette moitié en deux, etc., si bien qu'il ne dépassera jamais la Tortue. Pourtant un enfant sait qu'extensionnellement il n'en est pas ainsi. Tels sont les dangers des questions linguistiques et sémantiques. Les plus grands hommes au monde ont essayé de résoudre ce paradoxe verbal et ils ont échoué. Vous pouvez mesurer les dangers de ce simple scandale linguistique, et dans toute votre vie il y a des dangers tout à fait comparables à celui-ci.

 

Quand vous avez un problème de ce genre vous pouvez automatiquement le résoudre par des procédés extensionnels. Le problème de la santé mentale et de la "maladie mentale" par exemple. Le problème clé ici est le problème de l'adaptation aux "faits" et à la "réalité". C'est le principal problème en psychiatrie. La différence entre santé mentale et "maladie" mentale n'est qu'un problème d'adaptation aux "faits" et à la "réalité". "

 

" … dans l'abstrait, "fait" et "réalité" n'ont pas de sens. "Fait" et "réalité", étant des termes multiordinaux, ils n'ont de sens que dans un contexte donné et par conséquent s'ils sont indexés. …/…

Les termes les plus importants que nous ayons sont multiordinaux et ils n'ont de sens que dans un contexte donné. Maintenant vous pouvez voir pourquoi nous avons besoin des indices et des dates, etc. "

 

" Ici j'ai un ventilateur à quatre lames, quand je le fais tourner vous allez voir un disque. C'est votre système nerveux qui fait cela. Tout cela est un fait fondamental. Le fait que nous voyons un disque là où il n'y a pas de disque mais seulement des lames qui tournent se produit non seulement dans le monde mais c'est également un fait fondamental du système nerveux (ou de l'appareil photo). Vous voyez un objet solide là où il n'y a pas d'objet mais seulement des processus électroniques en rotation. Nous nous voyons les uns les autres comme des "disques", alors que nous ne sommes que des "lames tournantes" d'électricité. Vous et moi, et tous le monde, nous ne sommes que des "lames tournantes". Vous devez être tout à fait convaincus du caractère de ce processus dans la nature. Si vous ne l'êtes pas, regardez l'une de vos photographies d'il y a quelques années et vous serez convaincus que nous sommes des processus dynamiques changeants. "

 

" Nous sommes encore au niveau anthropomorphique "objectif", ce qui est une opération du système nerveux et n'existe pas indépendamment de nous dans la nature. Ce disque n'existait que dans nos têtes. Il en va de même pour tout. A l'extérieur de vos têtes il n'existe que des processus dynamiques et des stimuli dynamiques qui, dans nos têtes produisent "l'objet". Cette table n'est pas plus solide qu'elle est un processus dynamique, processus dont moi, avec mon système nerveux, je fais abstraction, que je reconnais et envers lequel je réagis comme je le fais ".

 

" … le "temps" n'existe que dans nos têtes. Il n'existe pas de "temps" en ce monde à l'extérieur de nous-mêmes. Nous avons des pendules et vous comparez des processus avec des processus, mais il n'y a pas de "temps". Dans la nature il n'y a que des temps au pluriel. Ils sont seulement résumés comme des mesures, un résumé de vibrations chez nous tous. "

Par Non-A - Publié dans : semantique-generale
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Mercredi 11 octobre 2006

 Si vous venez pour la première fois sur ce blog, nous vous conseillons de commencer par la lecture du premier article à avoir été publié "Présentation de la Sémantique Générale", à l'adresse http://semantique-generale.over-blog.com/article-3980484.html , puis de lire les suivants dans l'ordre inverse dans lequel ils apparaissent dans la liste des articles.

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" LE HALO AFFECTIF "

par Louis Painchaud (Revue " Communication et Langages " n°70, 4ème trimestre 1986)

 

Pour le Petit Prince, l'eau du puits était " bien autre chose qu'un aliment. [. . .] Elle était bonne pour le cœur. " Elle contenait la saveur des expériences passées et des services reçus. Elle rappelait la double dimension, celle de la raison et celle du cœur, de tout ce qui touche à l'homme.

Les mots n'échappent pas à la règle. Ils sont à la fois l'expression de notre raison et de notre cœur. Ils contiennent un sens et une affectivité que j'appellerai halo affectif.

Qu'est-ce que ce halo affectif ? Comment le découvrir ? Qu'est-ce qui le caractérise ?

 

LES MOTS POUR LE DIRE

Mes mots servent à communiquer mes pensées. Mais ils portent aussi mes sentiments. La prise de possession de ma langue, de mes mots me permet de m'exprimer. Chaque mot que j'utilise est marqué de mon empreinte. Je lui donne un sens qui est (le plus souvent) le sens que tous connaissent, celui du dictionnaire. Je lui donne aussi une valeur affective qui n'est peut-être pas celle de mon interlocuteur. La signification d'un mot m'est imposée par la collectivité où je vis. L'affectivité d'un mot m'est personnelle.

 

Ma voisine ne vit que pour la musique, que pour le piano. Moi j'ai d'autres préoccupations. Quand nous parlons piano, nous parlons du même instrument, de la même musique, mais le mot porte pour elle et pour moi un halo affectif tout à fait différent, immense chez ma voisine, tout petit chez moi. Notre voisin commun abhorre cette musique : il entoure le mot piano d'un grand halo affectif négatif .

Il n'y a pas de mots neutres, sauf les mots outils comme le, y, ce, à. Les mots pleins, d'usage courant, font tellement partie de notre vie, qu'ils ont chacun un halo affectif. Mais que penser des mots techniques et scientifiques ? Le mécanicien valorise les termes de son métier, comme le chimiste les termes scientifiques.

 

Le sens conditionne jusqu'à un certain point, les types d'affectivité et le plus grand nombre partage le même sentiment à l'égard de certains mots. Par exemple le mot mort est négatif, tandis que le mot bonheur est positif. Mais ce qui décide vraiment de l'affectivité d'un mot, ce sont les expériences personnelles rattachées à son acquisition et à son utilisation. Même si le mot ami a une valeur positive pour beaucoup, il est négatif pour celui qu'une amitié a déçu.

Sauvageot exprime bien cette idée : " Tel mot, qui nous est venu " dans telle circonstance agréable, sera conditionné agréablement, et inversement, il aura suffi que nous apprenions tel vocable " dans des circonstances malheureuses pour que cette séquence de sons soit inséparablement associée à un sentiment de " malaise, ou de répugnance, ou d'hostilité. "

 

Dans une collectivité, la portée affective de certains mots se dessine avec netteté. Elle est faite de la somme des mêmes sentiments de chacun des membres. Pour d'autres mots, les sentiments sont divergents et on ne peut dégager une image précise de leur affectivité. Pour quelques personnes, le mot amour-propre a une valeur positive, pour d'autres, négative. Pour les uns, il porte un grand halo, pour les autres, un petit.

 

HALO AFFECTIF POSITIF: VALEUR MÉLIORATIVE

HALO AFFECTIF NÉGATIF: VALEUR PÉJORA TIVE

Les mots doux ont une portée méliorative. L'affectivité y tient tellement de place que le sens est presque évacué. A l'autre bout de l'échelle, les jurons ont une portée péjorative. Dans les deux cas, le halo affectif semble si intense qu'il a fait fondre la signification du mot.

 

Comment s'informer sur la valeur affective d'un mot ? Les dictionnaires peuvent-ils nous renseigner ? Ils informent très peu sur l'affectivité des mots. Pourtant ils renferment les termes péjoratifs et mélioratifs. Péjoratif se dit d'un mot " qui comporte une idée défavorable, qui déprécie " (Lexis). Cependant, il est très peu employé et d'une manière inconsistante d'un dictionnaire à l'autre (voir le tableau 1).

Après la définition du terme, le Petit Robert présente des mots à terminaisons péjoratives: bravache, rêvasser, courtaud, livresque, ramassis et souillon. Or, dans le corps du dictionnaire, seuls les mots rêvasser et ramassis sont qualifiés de péjoratifs. De son côté, le Lexis écrit que " le suffixe -ard est péjoratif dans chauffard, ~ et pleurard ". Mais, à ces mots, seulement criard est suivi de l'abréviation péjor.

Quant au terme mélioratif, on n'en donne pas d'exemples. De plus, absent de la liste des abréviations, il ne peut être utilisé pour qualifier les emplois.

 

Les dictionnaires n'informent pas sur la valeur méliorative des mots. La portée négative est rarement donnée. On ne peut se fier aux dictionnaires pour trouver la valeur affective des mots.

 

 

ENQUÊTE: COMMENT DÉCOUVRIR LE HALO AFFECTIF ?

Il n'y a qu'une manière, c'est de le demander à ceux qui parlent français. " Comme il n'y a que le public qui sache tout bien parfaitement. "

Voici comment j'ai procédé: sur une page où se trouvent une trentaine de mots, je demande d'indiquer rapidement par un signe, quel sentiment on a envers chacun des mots. Le signe plus ( + ) marque un affect positif, le signe moins ( - ) , un affect négatif . Le redoublement du signe indique une plus grande intensité de l'affect.

Les enquêtes menées dans de nombreux groupes permettent de dégager, pour un milieu donné, le halo affectif d'un vocable. Nous obtenons hic et nunc la réaction première, instinctive, face à chacun des mots de la liste : on aime ou on n'aime pas, on aime peu ou on aime beaucoup. Une longue réflexion ne donnerait pas plus de renseignements sur l'affectivité proprement dite, mais plutôt sur ses motifs et ses conséquences. Ce questionnaire est un moyen simple et efficace de découvrir comment les gens " sentent " les mots.

Les résultats ne sont qu'approximatifs. Il ne faudra pas prendre ces chiffres pour autre chose que ce qu'ils sont: un ordre de grandeur. Comme l'écrit Bally : " Le sentiment est en lui-même chose délicate, fuyante, complexe. "

Le tableau 2 donne l'affectivité de quelques mots en pourcentage. Les chiffres sont basés sur des questionnaires complétés par des adultes, hommes et femmes, de la région de Sherbrooke. De quatre à huit groupes, soit de cent à deux cents personnes, ont fait connaître leur réaction à chaque mot.

On constate que les mots ami, fleur, grand, soleil, spacieux et leurs dérivés portent uniquement (ou presque) un halo affectif positif ( + + et + ) ; que animosité, égoïsme, gras, mort et leurs dérivés en ont un négatif ( - et - - ). A l'opposé, l'affectivité de amour-propre, dodu, flirt est très partagée. A mi-chemin, on trouve les mots positifs ample et plein et les mots négatifs charnu, gros (et dérivés), lascif. Deux mots recueillent les trois quarts des suffrages en un seul point ( + + ) ; ce sont soleil et ami.

 

L'analyse des mots du tableau 2 permet de dégager quelques caractéristiques.

 

TABLEAU 2: L'AFFECTIVITE DE QUELQUES MOTS (EN %1)

Mots (++), (+), (-), (- -)

Ami 75, 24, 1, 0

Amical 60 36 4 0

Amour-propre 8 45 37 10

Ample 31 42 17 10

Animosité 4 11 35 50

Charnu 7 15 46 32

Dodu 18 35 30 17

Égoïsme 2 12 28 58

Fleur 41 54 5 0

Flirt 14 37 34 15

Grand 40 55 5 0

Grandir 40 52 7 1

Gras 2 11 49 38

Grasse 4 9 39 48

Gros 5 19 48 28

Grossir 4 18 43 35

Grossier 5 13 25 57

Lascif 9 14 53 24

Mort 1 5 39 55

Plein 18 55 20 7

Soleil 79 19 2 0

Spacieux 65 29 4 2

Les mots de même famille reçoivent une charge affective de même nature: ami et amical (positive), grand et grandir (positive), gras et grasse (négative) , gros, grossir, et grossier (négative) . Le rôle grammatical explique quelquefois les différences d'intensité. Le nom ami est plus stable que l'adjectif amical qui peut qualifier une variété d'attitudes ou de situations. Grasse est légèrement plus négatif que gras. Est-ce à cause du féminin ou du suffixe -asse à valeur péjorative ?

: et (positive), et (positive), et (négative) , , , et (négative) . Le rôle grammatical explique quelquefois les différences d'intensité. Le nom est plus stable que l'adjectif qui peut qualifier une variété d'attitudes ou de situations. est légèrement plus négatif que . Est-ce à cause du ou du suffixe à valeur péjorative ?

Les synonymes peuvent avoir le même impact affectif, mais souvent, c'est seulement par l'affectivité qu'ils se différencient. Témoin ample et spacieux (positive) ; charnu, gras et gros (négative) , mais non pas dodu (partagée) ; égoïsme (négative) et amour-propre (partagée) , mot tiraillé entre son sens de mot composé (négative) et ses composantes amour et propre (positives).

Si le halo de certains mots est prévisible, comme celui de liberté (positif) et d'épais (négatif) , on est surpris par celui de plein ou de charnu. De même l'ampleur de l'intensité positive de grand et grandir, comme celle de l'intensité négative de gros et grossir, est étonnante au premier abord. Aucun dictionnaire ne les classerait mélioratifs ou péjoratifs. Pourtant, les dérivés grandeur et grandiose, grossier et dégrossir indiquent une orientation affective non négligeable.

 

Le mot intégré au texte ne perd-il pas sa valeur affective ? Non. Mais un mot négatif, logé dans une phrase pleine de mots positifs, ne se transforme-t-il pas ? Non plus. L'intensité de l'affectivité s'atténuera peut-être ; elle ne se transformera pas. La mort sera perçue négativement par le plus grand nombre mêmes si on la présente comme une qrande mort amicale !

On peut donner à un texte une expressivité particulière en employant plusieurs vocables lourdement chargés d'émotion. Si j'avais à donner en location un appartement, j'utiliserais pour le décrire les mots positifs amical, qrand, fleur, soleil, spacieux. Tandis que si je voulais discréditer un quidam, j'exploiterais les mots négatifs animosité, égoïsme, gras, grossier, lascif.

F. Richaudeau écrit dans le même sens: " Nous pouvons déduire " que l'emploi des mots par le général De Gaulle - et probablement par l'homme d'action en général - est fondé: sur "une distorsion très nette en faveur des mots à charge affective " (positive) par rapport à ceux à charge (négative) "

 

Cela ne veut pas dire que les mêmes mots transmettent toujours la même valeur affective. Depuis 1930, il existe à Montréal, dans le quartier Saint-Henri, une maison pour les personnes âgées. Elle a porté tour à tour les noms : asile, refuge, hospice, foyer, centre d'hébergement et résidence. C'est toujours la même institution, ayant le même but, prendre soin des vieillards. Un tel nom porté pendant quelques années se dévalorise, prend un halo affectif négatif. Alors on le remplace par un autre qui, à son tour, s'enveloppe d'un halo négatif.

 

L'affectivité des mots se compare à leur signification: elle évolue, mais plus rapidement encore. Le conflit des générations se répercute dans des halos différents. Le " coefficient d'expressivité d'un vocable donné varie d'un individu à l'autre " et d'une génération à l'autre. Le choix des prénoms des nouveau-nés offre d'excellents exemples. Les jeunes parents imposent des prénoms qu'ils aiment et qui ne sont pas le plus souvent au goût de leurs propres parents.

 

La valeur affective de quelques occupations sociales {voir le tableau 3) montre l'évolution, d'un groupe d'âge à l'autre. Une enquête menée auprès de 584 élèves des écoles élémentaires et secondaires et de l'université est révélatrice. Par exemple, le mot écrivain a une affectivité positive croissante dans les groupes féminins de 12, 16 et 22 ans. De même dans les groupes masculins pour hôtesse de l'air. Pour joueur de hockey, il y a une légère diminution de l'affectivité positive d'un groupe à l'autre chez les hommes. Par ailleurs, pour le mot mécanicien, on trouve une grande stabilité tant dans les groupes masculins que féminins. L'affectivité de ces mots indique aussi que les groupes masculins et féminins ne réagissent pas de manière identique devant les mêmes mots. Dans le tableau 3, seul le vocable politicien suscite la même réaction. Pour écrivain, les garçons de 12 et de 16 ans font une évaluation négative et les filles des mêmes groupes d'âge, une évaluation positive.

Les groupes sociaux se différencient aussi par le halo affectif qu'ils donnent aux mots. D'une région à l'autre, d'un pays à l'autre, on constate des différences. Au Canada, le terme collaborateur a une connotation nettement positive. En est-il de même en France aujourd'hui ?

 

L ' AFFECTIVITÉ DES MOTS EST TOUJOURS PRÉSENTE

Même si on a tendance à l'oublier. Elle décide de nos choix et c'est un facteur non négligeable de l'incommunicabilité.

Cerner le halo affectif d'un vocable pose plusieurs difficultés. Il est d'abord personnel mais subit aussi l'influence du milieu. Il évolue rapidement et différemment d'une région à l'autre, d'un groupe social à l'autre, d'une génération à l'autre.

Je propose une méthode simple et efficace pour l'évaluer. Il faudra multiplier les enquêtes pour prendre le pouls de l'affectivité. Ce n'est pas au bureau qu'on peut décider du halo affectif d'un mot.

On en viendra à établir des atlas de l'affectivité comme on en a de la prononciation. Alors les dictionnaires généraux intégreront ces renseignements indispensables.

 

Louis Painchaud

Par Non-A - Publié dans : semantique-generale
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Mardi 10 octobre 2006

 

 Si vous venez pour la première fois sur ce blog, nous vous conseillons de commencer par la lecture du premier article à avoir été publié "Présentation de la Sémantique Générale", à l'adresse http://semantique-generale.over-blog.com/article-3980484.html , puis de lire les suivants dans l'ordre inverse dans lequel ils apparaissent dans la liste des articles.

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Le texte suivant est un condensé d’un article écrit par Isabelle Baudron en 1984 (texte intégral à l’adresse http://www.geocities.com/interzonelibrary/obj2.html?20067 ) tiré du livre "Le Carrefour des Impasses"
http://www.geocities.com/interzonelibrary/0Sommaire.html . Cette présentation de la SG est tirée du journal du groupe B23 "Objectifs", réalisé avec des hospitalisés en psychiatrie dans un hôpital public.. Il a le mérite d’exposer en termes simples les bases et les principes élémentaires de la Sémantique Générale : 

Quelques éclaircissements sur la SÉMANTIQUE GÉNÉRALE

Isabelle Baudron - Août 1984

 

 

 

 

 

La sémantique générale traite de choses auxquelles nous sommes confrontés dans la vie de tous les jours. Elle permet de mettre de l'ordre dans ses pensées, d'échapper aux pièges que nous tend notre langage et de ne plus s'empoisonner l'existence avec des questions qui n'ont pas de sens.

Aujourd'hui on entend beaucoup de gens déplorer que notre civilisation soit très développée dans les domaines scientifiques et techniques alors que, dans d'autres domaines, elle est restée à des niveaux qui semblent beaucoup plus primitifs. Ainsi, dans le domaine technique, il est possible de faire des plans dont on peut prévoir le résultat, et si ces plans sont corrects et leur réalisation bien menée, les résultats sont conformes à ce qu'on en attend: les machines fonctionnent, les maisons tiennent debout, les ponts ne s'effondrent pas.

Par contre, en matière économique, politique et sociale, ce qu'on appelle les "affaires humaines", les prévisions sont la plupart du temps incertaines et il y a de grandes différences entre les résultats qu'on attendait et ce qui arrive effectivement.

Dans le domaine technique, le langage utilise correspond à ce qui se passe dans la réalité. Quand vous dites 1 + 1 = 2, tout le monde comprend ce que ça veut dire et chacun comprend la même chose.

Par contre, beaucoup de mots que nous utilisons dans la vie de tous les jours n'auront pas le même sens pour plusieurs personnes. C'est pourquoi, dans la conversation, les gens ne se comprennent pas toujours, d'où les problèmes de communication, souvent incertaine ou déformée, et les répercussions sur le comportement des gens.

Le but de la sémantique générale est de réduire le plus possible ces problèmes de communication et ainsi de faciliter les relations entre les gens en utilisant des mots qui correspondent à ce qui se passe dans la réalité.

 

'L'ORGANISME COMME UN TOUT"

La sémantique générale considère l'homme comme un tout corps-esprit inclus dans son milieu qui le pénètre et auquel il réagit.

Autrefois on ne voyait pas les humains comme aujourd'hui. On pensait qu'il y avait l'esprit d'un côté et la matière de l'autre et que les maladies du corps et celles de l'esprit n'avaient rien à voir les unes avec les autres. Quand on observait quelqu'un, on considérait la personne sans tenir compte du milieu dans lequel elle vivait.

Depuis, de nombreuses découvertes ont été faites sur notre organisme, sur nous-mêmes. On commence à comprendre le fonctionnement du cerveau, même si beaucoup de choses dans ce domaine restent encore inconnues. On a découvert que certaines maladies du corps avaient une origine psychique et que l'environnement dans lequel nous vivons peut, s’il est malsain pour nous, provoquer certains troubles que nous n'aurions pas eus dans un environnement sain.

Exemple: si vous prenez une truite, vivante, en bonne santé, qui est faite pour vivre dans de l'eau de rivière et si vous la plongez dans un bocal d'eau de mer, vous allez constater au bout de quelques temps qu'elle va flotter a la surface, le ventre en l'air; elle crèvera rapidement parce qu'elle n'est pas faite pour vivre dans l'eau de mer. Ainsi, la truite sera morte parce que le milieu dans lequel on l'a plongée, l'eau de mer, n'était pas adapté à son organisme et a provoque dans son corps de truite des modifications incompatibles avec sa vie de truite.

Si vous ne tenez pas compte du fait que la truite est faite pour vivre dans l'eau douce, et si vous dites: "Cette imbécile de truite a crevé dans mon bocal d'eau de mer parce qu’elle devait être malade", vous faites une erreur grossière : vous ne tenez pas compte de l'importance de son milieu et vous attribuez à la truite une maladie qu'elle n'avait pas, vous avez provoqué sa mort en la plongeant dans un milieu malsain pour elle alors que si vous l'aviez mise dans un bocal d'eau douce, elle aurait continué à vivre.

Notre cerveau est conçu pour apprendre, c'est à dire pour accumuler des informations. Notre cerveau comporte une partie qui s'appelle le cortex. Chaque millimètre carré de notre cortex comporte 40 000 cellules et chacune de ces cellules peut recevoir 20 000 informations à la seconde. Dans un cerveau humain, l'information est dix mille fois plus concentrée que dans un ordinateur.

A quoi nous servent les informations que nous emmagasinons? Elles nous permettent d'AGIR, d'agir sur notre environnement, sur ce qui nous entoure; cela peut être parler avec quelqu'un, jouer au foot, etc., et, comme le dit Henri Laborit, " ce n'est qu'en agissant sur notre environnement que nous pouvons satisfaire notre besoin de bien-être, de plaisir." C'est pourquoi, quand dans une journée nous avons fait des choses qui nous intéressent, quand nous avons rencontré des gens qui nous plaisent, nous nous sentons bien, nous sommes contents de nous. Quand nous sommes avec des gens qui ont une bonne opinion de nous, qui nous encouragent et nous font confiance, nous arrivons à faire des choses positives avec eux, ils nous apportent quelque chose et nous leur apportons quelque chose. Nous nous sentons détendus, confiants.

Par contre si nous sommes avec des gens qui nous sont hostiles, qui nous critiquent sans arrêt et nous renvoient une mauvaise opinion de nous-mêmes, ou des gens dont nous avons peur, nous doutons de nous-mêmes, nous nous sentons bloqués. Il est alors beaucoup plus difficile d'agir et nous nous sentons mal.

Si nous pouvions quitter ces gens ou les obliger à changer d'attitude à notre égard, nous nous sentirions bien à nouveau. Mais si nous ne le pouvons pas, nous nous sentirons bloqués, prisonniers, nous sommes inquiets et tendus.

 Quand nous sommes tendus sans arrêt, nos muscles sont contractés, nous respirons moins bien et notre système nerveux produit des substances qui diminuent notre sommeil et notre résistance aux infections.

Quand nous nous sentons mal, il existe toujours des raisons à cela. Cela ne veut pas forcément dire que notre cerveau est malade mais plutôt que nous n'arrivons pas à changer les situations dans lesquelles nous nous sentons mal.

Pourtant il est très possible de s'en sortir, à condition de le vouloir d'abord et ensuite de trouver les moyens de changer les situations dans lesquelles nous sommes bloquées, en agissant correctement dans ces situations, en adaptant notre attitude de façon à affronter les difficultés et à les résoudre.

 

I - Cortex - Thalamus :

Il a fallu très longtemps, des milliers d'années, pour que notre cerveau atteigne son développement actuel. Certaines parties de ce cerveau sont plus anciennes que d'autres; la partie appelée thalamus est plus ancienne que le cortex. Le thalamus est, entre autres, le siège des émotions. Le cortex est le siège du langage, l'outil de la réflexion. Grâce au thalamus, nous éprouvons des émotions, des sentiments. Grâce au cortex nous pouvons les décrire et réfléchir à ce qui se passe en nous et autour de nous en utilisant le langage parlé et l'écriture.

Les animaux possèdent un thalamus mais pas de cortex. Ils peuvent sentir, souffrir mais ne peuvent réfléchir ni décrire ce qui se passe en eux ni autour d'eux. Les rats, par exemple, peuvent repérer de la nourriture dans une maison mais ils ne peuvent pas faire un plan de la maison ni établir une stratégie pour dévaliser les humains et échapper aux pièges à rat et au grain empoisonné.

 

Si je vous fais observer des schémas du cerveau, ils vous donneront certaines indications sur sa constitution mais, comme toutes les cartes, ils seront incomplets. Ne confondez pas la carte et ce qu'elle représente. En Sémantique générale, on dit qu’ "une carte n'est pas le territoire" et qu'elle ne représente pas tout le territoire". De même si l'on compare le langage à une carte verbale, il faut savoir qu'il ne peut rendre compte totalement des faits que nous voulons décrire, encore moins avec une totale fidélité, car le sens des mots varie d'une personne à une autre et d'une situation a une autre.

C'est pourquoi il est fortement conseillé d'être prudent et vigilant à l'égard du langage, de réfléchir avant de parler si nous voulons être compris et de faire attention aux mots que nous entendons avant de les croire : ce n'est pas parce que quelqu'un nous dit quelque chose que cette chose veut dire la même chose pour lui que pour nous.

 

II - Le langage: un lien entre les humains :

Le développement du cerveau a permis d'élaborer un outil de communication unique à notre espèce : le langage écrit. Grâce a lui, des personnes vivant à des époques et dans des lieux différents peuvent communiquer: il nous permet de savoir comment vivaient des Grecs ou des Chinois morts depuis plusieurs siècles.

Mais si le langage est un outil important, il est aussi très important de savoir l'utiliser correctement.

 

III - ATTENTION AUX REACTIONS SEMANTIQUES :

Nous savons aujourd'hui que les circonstances dans lesquelles nous avons appris à parler restent attachées dans notre mémoire aux mots qui ont été utilisés dans ces circonstances : les émotions que nous avons éprouvées quand nous avons appris les mots reviennent quand nous utilisons ces mots plus tard, comme pour la musique : certaines chansons nous sont agréables ou désagréables selon qu'elles nous rappellent de bons ou de mauvais souvenirs ; quand nous les entendons, nous éprouvons les mêmes émotions qu'au moment où nous les avons apprises.

Avec les mots, c'est le même phénomène. Quand nous avons appris certains mots, si notre entourage nous a dit qu'il ne fallait pas "parler de ça", nous nous sentirons mal à l'aise plus tard quand nous les entendrons ou les utiliserons. C'est ce qu'on appelle la "puissance d'évocation des mots" : l'emploi de certains mots provoque en nous des sentiments de peur, de honte ou d'angoisse liés au contexte dans lequel nous les avons appris. Même si ce contexte n'existe plus, que nous ne sommes plus dans la même situation et que les émotions que nous avons ressenties alors n'ont plus lieu d'être.

En sémantique générale, on appelle ces émotions liées à l'emploi des mots des "réactions sémantiques". Ces émotions se répercutent dans notre corps, entraînant des modifications au niveau des cellules et pouvant entraîner des maladies psychosomatiques.

Si nous nous laissons dominer par ces émotions, nous réagissons de façon mal adaptée, nous nous laissons manipuler par les mots en leur accordant une importance qu'ils n'ont pas. Nous utilisons notre cerveau de façon incomplète en faisant marcher notre thalamus et non notre cortex. Nous nous comportons davantage comme des animaux que comme des humains.

 

IV - POUR COMBATTRE LES SENTIMENTS PARASITES : LA PAUSE CORTICO-THALAMIQUE :

Comment pouvons-nous alors faire fonctionner notre cortex?

- D'abord, il faut être au courant de son existence et savoir à quoi il sert, ce que vous savez maintenant si vous avez lu attentivement ce qui précède.

- Ensuite il faut décider de ne plus se laisser manipuler par les mots que l'on entend ; ces mots sont là pour que nous les utilisions, nous ne sommes pas là pour être utilisés par eux, sinon ils deviennent des parasites.

- Puis, quand nous sentons qu'un mot provoque en nous une émotion désagréable, faisons l'exercice suivant :

Respirons profondément et rejetons l'air de nos poumons en pensant fortement à l'air qui entre et qui ressort. Faisons cela plusieurs fois. Résultat: nos muscles se détendent, notre cœur bat moins vite, nous reprenons possession de nos moyens et nous nous contrôlons mieux. Quand nous revenons ensuite au mot, le sentiment désagréable diminue et nous réalisons qu'il n'y a pas de quoi s'énerver pour si peu. Nous nous sentons plus forts, plus maîtres de nous et pouvons faire ce que nous avons à faire.

En sémantique générale, on appelle cet exercice une "pause cortico-thalamique "parce qu'il nous permet de nous arrêter un instant pour contrôler nos émotions, il accroît le rôle du cortex sur nos comportements, ce qui permet de réfléchir avant d'agir.

Essayez, et vous constaterez que ça marche; c'est une question d'entraînement et de volonté; plus vous ferez cet exercice et plus vous serez maître de vous-mêmes. Vous pouvez l'utiliser dans toutes les situations stressantes. Quand vous sentez la peur, l'angoisse, la honte ou la colère vous envahir, pensez à la pause cortico-thalamique, respirez amplement pendant quelques secondes et reprenez le contrôle de la situation.

 

V - CONCLUSION: A LA CONQUETE DE NOTRE ESPACE INTERIEUR :

Une bonne partie de nos ennuis sur cette planète vient de ce que nous n'avons pas encore appris à utiliser correctement notre cerveau : nous avons à notre disposition un outil merveilleux mais le mode d'emploi n'est pas livré avec.

Quelqu'un a dit que l'étape de l'évolution entre le singe et l'homme, c'était nous. Notre évolution n'est pas terminée et si notre civilisation et d'autres ont déjà trouvé un certain nombre d'informations sur l'utilisation de notre cerveau, il reste encore beaucoup à découvrir. A nous, si nous le voulons, de devenir les explorateurs de notre espace intérieur.

 

Bibliographie:

"Introduction a. la Sémantique générale" H. Bulla de Villaret

"Science and Sanity" Alfred Korzybski

"Le Monde du non-A", "Les Joueurs du non-A" "La fin du non-A" Van Vogt

Par Non-A - Publié dans : semantique-generale
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