Mardi 19 décembre 2006

PRESENTATION DE LA SEMANTIQUE GENERALE :

Popularisée par la série de romans de science-fiction " Le cycle du Non-A " de A.E Van Vogt, la Sémantique Générale ou " logique non-aristotélicienne " permet de revenir sur les postulats qui régissent la pensée humaine depuis qu’Aristote les a énoncés au IV° siècle avant Jésus-Christ,.

 Selon Aristote 

  • - ce qui est est (ce qui est vrai, est vrai, ce qui est faux est faux). C’est le principe d’identité.   
  • - rien ne peut à la fois être et ne pas être (ce qui est vrai ne peut pas être faux et inversement). C’est le principe de contradiction.
  • - tout doit être ou ne pas être (une proposition doit être vraie ou fausse).C’est le principe du tiers exclu.

Pour Alfred Korzybski, créateur de la Sémantique Générale, inspiré par les travaux d’Einstein et la physique quantique, trois considérations permettent de réviser ce système de pensée :

1 – "  la carte n’est pas le territoire " : une carte " n’est " pas le territoire qu’elle représente, elle ne fait que le représenter. Le mot qui désigne une chose n’est pas cette chose. Je ne peux pas manger le mot " pomme "

2 – " une carte ne représente pas tout le territoire " : un mot ne résume pas tout ce qu’est une chose. Le mot " pomme " ne m’indique pas la forme de la pomme, sa couleur, si elle a un pédoncule, etc.

3 – " une carte est auto–réflexive " : elle donne aussi des renseignements sur elle-même. Le langage qu’on utilise parle aussi de lui-même. Il nous donne, par exemple, des indications sur celui qui l’utilise.

Dans le système aristotélicien, la pensée est dualiste, tout est vrai ou faux, bon ou mauvais, rien de ce qui est faux ne peut être vrai, ce qui est bon ne peut être mauvais, etc. C’est cette logique qui, depuis l’Antiquité, a structuré la pensée, le langage, les comportements humains donc l’évolution de la civilisation, la vision que l’Homme a de lui-même et du monde.

Les découvertes scientifiques du XX° siècle ont montré que la vision aristotélicienne ne correspond pas à la réalité telle qu’elle se manifeste au travers de la relativité et de la mécanique quantique : on a démontré expérimentalement, donc scientifiquement, que l’espace ne peut être dissocié du temps, qu’un élément peut être dans deux états différents en même temps, dans deux endroits à la fois en même temps, et que la présence d’un observateur peut modifier la réalité observée.

Une nouvelle façon de penser est donc nécessaire pour adapter l’homme à son environnement. C’est ce que propose la Sémantique Générale.

Pourquoi vouloir changer notre façon de penser ?

  • - Parce que penser en termes de " bon " ou " mauvais ", de " bien " ou " mal ", de " vrai ou faux " ne peut qu’amener des divergences d’opinions basées sur des préjugés donc des conflits. Ce sont toujours les autres qui ont tort.  
  •  
  • - Parce que confondre les mots et les faits (ou les choses) qu’ils décrivent ne peut qu’amener la confusion entre ce qu’est une chose indépendamment de nous et ce que nous pensons qu’elle est, entre ce qui se passe et ce que nous pensons qu’il se passe.
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  • - Parce que créer des concepts abstraits comme le bien, le mal, le parti, la nation, l’Etat, etc et leur donner une existence en dehors de l’Homme et au-dessus de lui amène à prendre des décisions qui, au lieu de tenir compte de la réalité, ne font référence qu’à des théories, des idéologies, des doctrines, des croyances sans tenir compte des gens et des évènements.
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  • - Parce que croire que le monde est figé par les étiquettes qu’on donne aux choses nous rassure peut-être mais ne reflète pas la réalité, qui est en perpétuel mouvement et en perpétuelle évolution
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  • - Parce que croire que tous les choix se limitent à deux solutions : une bonne et une mauvaise ne correspond pas, de toute évidence, à ce que nous pouvons faire dans tous les domaines de notre existence et que cette limitation bride notre créativité et notre liberté d'action.
  •  
  • - Parce que discuter de ce qui est bien ou mal, vrai ou faux en ne proposant que des choix binaires n’oppose la plupart du temps que des convictions au lieu d’opposer des faits, en partant du principe que c’est l’autre qui a tort.

Ce ne sont là que quelques aspects de cette nécessité de changement, car la pensée aristotélicienne conditionne aussi notre vision de l’Homme, de la Famille et de la Société. Nous en parlerons plus loin.

Pour sortir de ce carcan mental, la Sémantique Générale propose une vision différente de l’Homme et du monde.

  • - L’Homme est un tout et il est inséparable de son environnement : le corps ne peut être séparé de l’esprit et ensemble ils interagissent avec le milieu.
  •  
  • - L’Homme est en constante évolution, chaque génération transmettant ses acquis à la suivante.
  •  
  • - Il utilise des symboles pour communiquer : mots, langage écrit, etc.
  •  
  • - Il a la possibilité de dépasser le temps pour tisser des liens avec le passé, relier sa pensée à celle d’autres hommes qui ont vécu bien avant lui.
  •  
  • - Il a conscience de sa propre mort, donc de la finitude et du temps qui passe.
  •  
  • - Il peut faire des choix en anticipant les conséquences de ses actes. Il est responsable.
  •  
  • - Il a la possibilité de court-circuiter ses réactions émotionnelles par le raisonnement avant de réagir.

Pour son créateur, la Sémantique Générale est ainsi qualifiée parce qu’elle trouve des applications dans tous les domaines de l’activité humaine. Elle permet de faire émerger des solutions nouvelles à tous les problèmes parce qu’elle propose une vision globale et harmonieuse de l’Homme et du Monde, correspondant à son niveau d’évolution scientifique. C’est en cela qu’elle offre une alternative historique à la logique aristotélicienne et à ses implications.

SUITE A LIRE DANS L'ORDRE DE NUMEROTATION DES ARTICLES (DE 1 à 20, dans l'ordre inverse des dates de parution).

par Non-A publié dans : semantique-generale
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Jeudi 9 novembre 2006

Sur un magazine de télévision, je lis la présentation d'un film de James Bond : "L'acteur fait toujours preuve de flegme dans les situations les plus dangereuses."

En l'occurrence, l'acteur qui joue le personnage de James Bond, N'EST PAS James Bond et les situations dans lesquelles il se trouve n'ont absolument rien de dangereux : il est sur un plateau de tournage, entouré de techniciens, de cameramen, d'un metteur en scène, etc. Bref, à aucun moment du film, il ne court un quelconque danger. On se demande donc bien pourquoi il perdrait son flegme. Au contraire, puisque le personnage qu'il joue est censé ne jamais le perdre, on pourrait se dire qu'il est un mauvais acteur s'il donne cette impression.

Cette anecdote est à mettre en lien avec la façon, venue des Etats-Unis, dont sont présentés les films de fiction. Vous avez peut-être remarqué que dans les bandes-annonces ou les affiches de films américains, et maintenant de plus en plus pour les films français, on n'écrit plus et on ne dit plus : " Tel acteur JOUE tel personnage." mais "Tel acteur EST tel personnage."

On assiste là à ce qu'en Sémantique Générale, on appelle une " confusion des niveaux d'abstraction ", ce qui, en termes plus simples, signifie qu'on fait la confusion entre deux niveaux de la réalité qui n'ont rien à voir entre eux. Objectivement, l'acteur N'EST PAS le personnage qu'il joue, et ce qu'il vit à l'écran N'EST PAS ce qu'il vit réellement. Et pourtant c'est ce qu'on nous écrit et c'est ce qu'on nous dit.

Pourquoi les médias audio-visuels ont-ils de plus en plus recours à ce qu'ils appellent des "docu-fictions" et des émissions de "télé-réalité" ?

Dans le premier cas, on fait jouer à des acteurs des situations qui ont été réellement vécues, mais en les réécrivant, en fabriquant un scénario qui fait que ce qu'on nous donne à voir N'EST PAS la réalité mais seulement une interprétation, souvent romancée, des faits. Dans le second cas, on met des gens qui ne sont pas des acteurs dans des situations artificielles, QUI N'EXISTENT PAS DANS LA REALITE (être enfermé dans un loft pendant 6 semaines, etc) pour leur faire JOUER une réalité "fictive" fabriquée de toutes pièces.

Pour des téléspectateurs qui ont une expérience ancienne du réel et qui ont connu la télévision à un âge où ces procédés n'étaient pas employés, cela peut paraître anecdotique, amusant, ridicule ou stupide. Mais pour les jeunes générations de téléspectateurs, élevés avec cette vision où on entretient la confusion entre réalité et fiction, on est en train de faire un glissement progressif du réel vers le virtuel et inversement. On crée et on installe dans les esprits la confusion entre la réalité et la fiction.

Qui veut installer cette confusion et dans quel but ?

par Non-A publié dans : semantique-generale
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Vendredi 27 octobre 2006

ou "Comment on peut se tromper quand on n'a rien vu "

Korzybski, père de la Sémantique Générale, avait coutume de raconter l'histoire suivante :

Une grand-mère, sa jeune et jolie petite-fille, un officier roumain et un officier nazi voyagent dans un compartiment de train. A un certain moment, le train passe dans un tunnel et on entend alors un baiser bruyant suivi du claquement d'une gifle. Lorsque le train ressort au grand jour, personne ne dit rien.

Mais la grand-mère se dit : "Quelle bonne fille j'ai élevée, elle sait se défendre ! ".

La jeune fille se dit : " Pour un baiser volé, Grand-mère a bien la main si leste ! ".

L'officier nazi se dit : "Comme ces Roumains sont malins ! Celui-ci vole un baiser et laisse un autre prendre une gifle à leur place...".

Et l'officier roumain jubile en silence : " J'ai embrassé ma main et comme ça, j'ai pu gifler le nazi ! "

par Non-A publié dans : semantique-generale
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Jeudi 26 octobre 2006

Lorsqu’il a élaboré la Sémantique Générale, Korzybski est parti de la nécessité d’une révision de toutes les connaissances que l’être humain avait, à cette époque, de lui-même. Dans l’ouvrage " Science and sanity ", dans lequel il expose les principes de sa théorie, il écrit : " … en ce qui concerne toutes les disciplines traitant des affaires humaines, elles ne reposent pas sur une définition de l’homme, ou alors, quand il y en a une, elle est formulée dans des langages métaphysiques, élémentalistes, de type sujet-attribut, qui sont dépourvus de scientificité et se révèlent en fin de compte nuisibles du point de vue sémantique. Comme nous ne disposons actuellement d’aucune science générale de l’homme embrassant toutes ses fonctions, y compris le langage, les mathématiques, la science et les maladies " mentales ", j’ai cru utile de donner naissance à une telle science. "

 

Pour désigner cette science nouvelle, le terme d’ " Anthropologie " lui semblait trop restrictif dans la mesure où il n’incluait que l’histoire naturelle " animalière " de l’homme, " en négligeant le fait que l’histoire naturelle de l’homme doit inclure des facteurs qui n’existent pas dans le monde animal, alors qu’ils sont chez lui des fonctions naturelles, comme le langage et la structure de celui-ci, permettant l’élaboration de ses institutions, de ses lois, de ses doctrines, de la science, des mathématiques, qui conditionnent son environnement et ses réactions sémantiques qui, à leur tour, influencent et déterminent son développement. "

 

Pour lui, cette nouvelle science, dont l’Anthropologie serait un sous-ensemble, " inclurait toutes les disciplines d’intérêt humain sous les angles spécifiques de l’anthropologie et de la sémantique ", cette dernière ayant été négligée jusque là.

 

Il constate que, contrairement à l’animal, l’être humain est capable de relier entre eux des évènements appartenant à des époques différentes. Ses connaissances sont transgénérationnelles. Chaque génération a la possibilité de reprendre les connaissances de toutes les générations précédentes pour progresser.

Ainsi, les sociétés humaines qui ne progressent pas sont celles dans lesquelles les connaissances acquises sont figées et l’acquisition de connaissances nouvelles considérée comme un pêché, un tabou, etc.

 

Pour lui, la faillite de la conduite des affaires humaines (guerres, conflits de toutes sortes, etc) tient au fait que les hommes continuent à réagir comme des animaux. Il écrit : " la plupart du temps, la quasi totalité d’entre nous copions encore, de nos jours, les animaux dans nos processus nerveux. Une investigation plus poussée montre que de telles réactions nerveuses chez l’homme conduisent à des états pathologiques d’infantilisme général, un comportement public et privé infantile, des institutions infantiles, des " civilisations " infantiles fondées sur des conflits, des luttes, des compétitions brutales, ces comportements étant censés être l’expression " naturelle " de la " nature humaine ", comme voudraient nous le faire croire différents managers et leurs assistants, les militaristes et les prêtres. "

 

Pour lui, " nous n’utilisons pas notre système nerveux correctement ", et " nous n’avons pas encore dépassé un stade de développement très primitif. " parce que " les différentes doctrines et croyances primitives, animalières, qui n’ont jamais été révisées, ainsi que les réactions sémantiques correspondantes n’ont pas évolué au même rythme que les réalisations techniques. "  " …. elles reposent sur des postulats qui ne correspondent pas aux faits mais sont reliés à la structure sclérosée du langage primitif, l’ensemble du processus étant d’autant plus dangereux qu’il est inconscient. "

 

" Dans le système non-A, le langage, adoptant une nouvelle structure moderne " … " établit les bases d’une approche thérapeutique et d’une prévention spécifique permettant de maîtriser ce mécanisme. ".

 

Le texte de Korzybski dont sont tirées les citations qui ont été utilisées pour écrire cet article est à la page http://semantiquegenerale.free.fr/Articles/S&SIntro.htm

par Non-A publié dans : semantique-generale
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Vendredi 20 octobre 2006

Premier jet d'une carte heuristique de la Sémantique Générale qui sera perfectionnée en fonction des suggestions reçues (carte consultable sur  http://semantique-generale.ifrance.com/ ) :

 

par Non-A publié dans : semantique-generale
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